Les
Beauchesne

De Saint-Norbert à Saint-Fabien

En 1870, la famille de Moyse Beauchesne déménagea à Saint-Fabien, jeune paroisse prometteuse du Bas-du-Fleuve. Octave qui portait le sobriquet de Robinson avait 26 ans et son frère, Marcellin, 23 ans. Tous les deux suivirent leurs parents à Saint-Fabien où Octave travailla pour le chemin de fer Intercolonial Railways qui allait inaugurer le premier tronçon de Mont-Joli à Rivière-du-Loup en 1873. Octave resta à l'emploi de cette compagnie encore une douzaine d'années puis s'achètera une terre dans le cinquième rang de la paroisse. C'était un garçon nostalgique qui tournait souvent les pages du livre de sa vie pour revoir sa jolie paroisse natale, Saint-Norbert d'Arthabaska. Pour plusieurs elle n'avait rien de remarquable mais pour lui, elle perpétuait un souvenir de famille très cher à son coeur.

Les pionniers des Bois-Francs

Son grand-père, François Bourbeau fut l'un des pionniers des Bois-Francs. Il vint à Saint-Norbert d'Arthabaska vers 1840, avec sa famille dont son fils Moyse, le père d'Octave. Ils n'avaient pour toutes richesses que leurs haches et leurs bras. C'est là que naquit Octave en 1844. Bientôt la forêt disparut pour faire place à de vertes prairies. Et au centre de cet immense paysage l'on vit bientôt apparaître un joli petit village autour d'une coquette église. Dans ce paradis, Octave avait vécu une enfance et une adolescence heureuses. Garçon intelligent et studieux, possédant les deux langues,il avait fait de solides études au collège d'Arthabaska.

Maintenant établi dans son pays d'adoption, Octave connaîtra l'amour et en 1876, à l'âge de 32 ans, il épousera Virginie Bérubé, 27 ans, native de Saint-Fabien, descendante de l'ancêtre Damien Bérubé l'un des premiers colons de la Rivière-Houelle. Leur vie avec leurs nombreux enfants, fut comme un tableau empreint de sérénité pendant un certain nombre d'années, mais trop vite, hélas, les épreuves vinrent en ternir la fraicheur. En septembre 1905, Virginie meurt à l'âge de 47 ans laissant une maisonnée de 8 enfants: Marie-Palmire, 22 ans, Conrad, 20 ans, Désiré, 18 ans, Marie-Anne, 16 ans, Florida, 12 ans, Diana, 8 ans, Charles-Eugène, 6 ans et la cadette Rose-Aimée (ma mère), 2 ans.

Quelques années après la mort de sa femme, Octave vendit sa terre du cinquième rang et alla demeurer chez ses enfants. À 83 ans, il faisait un séjour chez ses enfants émigrés aux États-Unis à Lewiston dans le Maine et à Fall River au Massachusett.

En décembre 1932, il tomba malade alors qu'il était en visite chez son fils Désiré à Montréal. Il décéda le 30 décembre 1932 et fut inhumé dans le cimetière de l'est à Montréal. Il avait 88 ans.